Destructor Administrateur Messages postés : 3671  |
Posté le 17/04/2007 17:31:39 | | Test rédigé par Destructor à partir de la version française du jeu sortie sur PlayStation 2.
Dragon Quest VIII, dont le numéro a été subtilement retiré du titre pour la version européenne histoire de ne pas remuer le couteau dans la plaie qu’aucune précédente version ne soit parvenue jusqu’à nous, arrive à point nommé pour les amateurs de RPG. En effet, deux points forts annoncent la couleur : Level-5 s’est occupé du développement et Akira Toryama s’est chargé du design des personnages et des monstres. Voyons voir si le jeu mérite toute cette attention…
PARTIE CONCEPTS
Un scénario classique
Dans un monde d’un autre temps, un spectre détenait des pouvoirs magiques extrêmement puissants. Il était gardé dans le château de Trodain où régnait le roi Trode et sa fille Médéa. Un jour, Dhoulmagus, sorte de « bouffon triste », vint voler le spectre et ainsi libérer l’immense pouvoir que contenait ce dernier. Beaucoup plus puissant, ce personnage aux sombres dessins jeta une malédiction sur tout le royaume et transforma par la même occasion le roi et la princesse en monstres. Tous les résidents du château furent ensorcelés à l’exception du héro (vous), garde du palais. Avide de vengeance et de retrouver sa forme originelle, le roi réquisitionna le héro et lui soma de retrouver Dhoulmagus afin de briser la malédiction. C’est ainsi que commence votre aventure dans le monde de Dragon Quest !
On le remarque vite, le scenario –manichéen au possible- n’est pas le point fort du jeu : classique et enfantin, il n’enthousiasmera pas le joueur que vous êtes. Heureusement, la narration de l’histoire, le caractère et la personnalité attachantes des personnages rattraperont aisément la donne pour vous donner envie de poursuivre l’aventure ! Sans parler du regain d’intérêt du scénario après plusieurs dizaine d’heures de jeu…
Déroulement du jeu
Le jeu se déroulera principalement de la façon suivante : explorations de la carte, discussions dans un village et missions à accomplir. Rattraper puis vaincre Dhoulmagus restera votre principale objectif mais pour y arriver, vous devrez sans cesse accomplir des quêtes secondaires comme retrouver une boule de cristal, escorter un prince lors de son initiation, débarrasser les habitants d’un monstre qui les terrorise etc… La longueur de la quête sera gigantesque et le nombre d’heures passées à poursuivre votre aventure défilera très rapidement.
Votre équipe se composera rapidement de 4 personnages, le héro, Yangus, Jessica et Angelo, tous les 3 rencontrés en route et motivés par les mêmes objectifs que vous.
Les sauvegardes ne pourront se faire que dans les villages dans un lieu bien précis : les églises qui tiennent une grande place dans cet univers très pieux. Interroger les habitants de chaque endroit visité sera vite de la routine et certains d’entre eux vous donneront de précieuses informations soit pour vous aider dans votre objectif principal soit pour vous révéler des secrets intéressants pour le joueur avide de faire le jeu à fond. Les magasins d’armes, d’armures, les échoppes ainsi que les auberges (où vous pourrez récupérer vos points de vie/magie) seront des passages obligatoires si vous souhaitez progresser.
Le cycle jour/nuit sera géré dans le jeu occasionnant un double visages dans les villages selon le moment de la journée : tous les habitants auront quelque chose de différent à dire ! Un grand soin a été apporté aux textes (localisés de surcroît) qui sont très nombreux et variés.
L’exploration
Il vous sera possible pendant votre aventure de discuter avec vos compagnons pour connaître leur avis sur un personnage, sur la mission, ou sur le lieux où vous vous trouvez à l’instant ou vous leur parler. Chose très pratique, ils vous rappelleront l’objectif à atteindre si vous l’avez oublié, classique en cas de pause de plusieurs jours !
Ce qui frappe en se baladant sur la carte du jeu est son immensité et la liberté d’action dont vous disposez, il y a de quoi se perdre ! En général, le scénario vous suggèrera la suite sans jamais vous forcer à y aller tout de suite, atténuant grandement la linéarité du soft, une caractéristique très agréable.
Les décors du jeu sont tout droit sortis d’un rêve, leur beauté est à toute épreuve et ce sera un régal d’explorer chaque région. Les commandes laisseront la part belle à la gestion de la caméra puisque vous pourrez la déplacer autour de votre héro comme bon vous semblera. Une vue subjective sera également disponible pour admirer sous toutes les coutures les graphismes Cell-Shadés du jeu. Des commandes qui rappelleront fortement celles d’un certain Dark Chronicle…
Au début du jeu, tous vos déplacements se feront à pieds et la carte sera si grande que vous rendre d’une ville à une autre vous prendra de longues minutes ! Heureusement, par la suite, vous aurez la possibilité d’appeler un Slimodon (Tigre aux dents de sable), beaucoup plus rapide que vos petites jambes. Ce ne sera bien entendu pas le seul moyen de locomotion mais je vous laisse la surprise pour les autres…
Une carte principale sera disponible pour vérifier votre position ou le lieux à atteindre. Il vous sera possible de zoomer pour voir en détail les environs de votre position actuelle mais on regrettera le fait de ne pas pouvoir déplacer la vue rapprochée à travers toute la carte et son relatif manque de repères concernant les trésors à découvrir, les monstres importants à affronter ou encore les lieux visités et non visités (pas forcément indiqués et sans nom). Même remarque concernant les cartes des donjons très sommaires… Un point qui serait à améliorer donc.
Les combats
Passons à ce qui sera votre occupation principale durant votre périple : les combats ! Ils interviendront aléatoirement durant votre exploration sur la carte ou dans les donjons comme la majorité des RPG. Ce sera du tour par tour classique au niveau de l’action, vous aurez la possibilité d’intimider vos ennemis (pour leur voler d’éventuels trésors) ou de fuir le combat pour éviter l’affrontement. Un système de tactique vous permettra de laisser combattre vos personnages automatiquement vous laissant le rôle de spectateur. Une option facultative…
Niveau équipement, vous aurez le choix entre 3 armes différentes par personnage, ainsi le héro maniera l’épée, le boomerang et la lance. Vous pourrez également vous équiper d’une armure et d’un bouclier pour renforcer votre décence physique et magique. Enfin, des accessoires pourront augmenter certaines de vos caractéristique (habileté, magie, force etc…)
Outre les attaques classiques que vous effectuerez avec l’éventail d’armes disponibles pour chaque personnages, vous aurez également l’occasion d’utiliser des compétences apprises grâce à vos armes (j’y reviendrai plus bas), des sorts (appris au fur et à mesure que votre expérience augmentera) ou encore vous concentrer pour frapper plus fort au prochain coup. Plus votre « tension » sera élevée, plus vous deviendrez fort (offensivement et défensivement) à votre prochaine action. L’intérêt sera donc de savoir quand utiliser ou pas cette technique selon l’adversaire.
Au niveau de l’évolution des personnages, vos points de vie et de magie augmenteront au fur et à mesure que vous accumulerez de l’expérience en battant des ennemis. Chaque personnages apprendra des sorts qui lui seront propres. Un point tout particulier de ce système est qu’au moment où votre niveau passera au suivant, vous aurez à distribuer des points de compétence (dont le nombre varie selon le niveau et le personnage) à attribuer à chacune de vos armes (au nombre de 3 + mains nues) ou de votre trait de caractère (Courage pour le héro par exemple). Une fois un niveau de compétence atteint (variant selon le personnage, le domaine choisi et le niveau actuel), vous en apprendrez une nouvelle à utiliser en combat.
Globalement, même si le système de tension ajoute du piment et de la stratégie, on regrette le manque de variété dans le panel d’actions possibles et passé plusieurs centaine d’affrontements, les combats se ressemblent tous… Il manque également du spectaculaire dans les attaques, sans demander des invocations à la Final Fantasy, les magies souffrent d’une trop grande sobriété… Néanmoins, grâce à la diversité du bestiaire, les combats seront attirer tout votre intérêt.
Options, bonus et jeux dans le jeu
Dragon Quest regorge d’options en tout genre, de jeux dans le jeu etc…
Parlons tout d’abord de l’écran « Résultats des Combats » criblé de statistiques (fiche détaillé de chaque montre battu parmi plus de 250 différents, temps de jeu, kilomètres parcourus (!), nombre de victoires, de fuites, de défaites, de monstres intimidés et j’en passe ! Vous pourrez à l’instar du carnet de monstres, consulter tous les objets que vous aurez trouvé ou créer. Comment ça créer ?!
On arrive donc à une option rappelant là aussi Dark Chronicle qui est l’alchimarmite. Elle permet, grâce à la combinaison de 2 ou 3 objets bien précis d’en créer un nouveau, souvent plus intéressant et plus puissant. Durant tout le jeu, cette quête annexe sera présente dans certaines bibliothèques que vous rencontrerez, libre à vous de l’ignorer ou de la faire à 100% (si vous y parvenez !) Une partie très intéressante du jeu même si son efficacité dans le déroulement de la quête principale sera très facultatif, ne gardant motivés que les plus acharnés, désireux de boucler complètement le jeu…
Evidemment, comme tout bon RPG qui se respecte, des coffres cachés seront disséminés au travers de l’immense carte. Idem pour des lieux absents de tout marquage, vous forçant à explorer les moindre recoins du monde ! Des médailles (encore une similitude avec Dark Chronicle) seront également à rassembler pour les échanger contre des objets inédits (armures, armes etc…) à une collectionneuse. Une quête de longues haleine !
Le meilleur est toujours pour la fin avec ce jeu dans le jeu qui est mon coup de cœur tant il est motivant et passionnant : l’arène des monstres. Pendant votre parcours sur la carte, la plupart de vos ennemis ne seront pas visibles (les combats intervenant aléatoirement au cours de vos déplacements à la FF) mais certains d’entre eux –plus forts- seront bien affichés. Ces monstres qui représentent l’élite de leur espèce pourront être recrutés dans votre équipe de monstres après avoir été battus. Lorsque vous l’aurez découvert, vous pourrez les faire participer à un tournoi de monstres et remporter des prix en cas de victoire. Commencera ainsi la quête de la recherche des monstres les plus puissants du monde afin d’espérer remporter l’ultime « Tournoi S » ! La limitation de ce système est que vous ne pourrez pas améliorer les capacités de vos monstres même si vous pourrez vous en servir en combat, dommage…
En conclusion, avec sa réalisation en béton (le plus beau jeu cell-shadé de la PS2 qu’il m’ait été donné de jouer), une durée de vie colossale (rien qu’explorer en totalité la carte vous prendra plusieurs dizaine d’heures !), une bonne narration et des personnages attachants, Dragon Quest représente l’élite du RPG sur PS2 aux côté de FF X. A acheter les yeux fermés même si son classicisme dans son déroulement et ses combats l’empêcheront de convaincre les réfractaires au genre.
PARTIE PERSONNAGES
Héro :
« Muet » durant l’ensemble du jeu (je ne supporte pas les héros qui ne parlent pas !), il est garde au château de Trodain et est miraculeusement épargné de la malédiction qu’a jetée Dhoulmagus, un point qui attirera des questions de la part du roi et de sa fille Médéa, tous deux transformés en monstres (enfin une belle jument pour la princesse quand même). Courageux, il n’hésitera pas une seconde à chercher puis affronter Dhoulmagus afin de rompre le sortilège. Il manie l’épée, le boomerang et la lance.
YANGUS
Croisé sur la route lors de leur poursuite, Yangus a un passé obscure de voleur mais parce que le héro lui sauvé la vie, il lui vouera une adoration et une fidélité à toute épreuve. Il se joint à vos objectifs pour être à vos côtés mais ne supportera pas le caractère autoritaire du roi Trode. Il manie le marteau, la hache et la faux. C’est la « brute » du groupe.
JESSICA
La sorcière du groupe, désireuse de venger l’assassinat de son frère par Dhoulmagus. D’un caractère bien trempé, elle n’hésitera pas à envoyer balader Angelo et ses avances incessantes. Elle manie le poignard, le fouet et le bâton magique.
ANGELO
La caricature du beau gosse par excellence, il passera son temps à regarder les jolies filles et à les draguer ! Accessoirement, il sera le magicien blanc du groupe et poursuivra Dhoulmagus pour l’assassinat (encore) de son prêtre suprême, étant un chevalier des Templiers chargé de sa protection. Il manie la rapière, l’arc et le bâton magique.
TRODE
Le roi de Trodain transformé en monstre (de couleur verte ressemblant plus ou moins à un troll) par Dhoulmagus. Outré par l’insolence de ce bouffon, il se mettra sans relâche à sa poursuite accompagnée de sa fille bien aimée, elle aussi atteinte par le sortilège. Son caractère autoritaire attirera régulièrement les foudres du groupe sur lui.
MEDEA
Fille du roi et amie du héro, elle se verra transformé en pouliche pendant toute l’aventure… Princesse de Trodain.
PARTIE NOTATION
CINEMATIQUES 75%
Des cinématiques en temps réel qui se confondent parfaitement avec les séquences ingame du jeu. La mise en scène est soignée, les persos s’animent et s’expriment d’une manière très immersives renforçant l’impression d’être plongé au coeur d’un dessin animé.
GRAPHISMES 92%
Le talent d’Akira Toriyama (Character Designer) et la maîtrise du Cell Shading de Level-5 font des ravages : les graphismes sont prodigieux, tout droit sortis d’un rêve d’Heroïque Fantasy. Mention spéciale pour les détails sur les décors (intérieurs & extérieurs), les personnages (habits, expressions faciales) ainsi que pour la beauté de la carte lors des déplacements, absolument magnifique…
ANIMATION 80%
Les animations, comme les graphismes, ont bénéficié d’une attention toute particulière pour rendre l’impression d’être au coeur de l’histoire encore plus forte. Seules de petites saccades dans les mouvements de caméra, en particulier sur la carte, viennent entacher ce tableau idyllique.
MUSIQUES 80%
Des musiques de qualité et orchestrées de surcroît ! Le thème principale utilisé sur la carte est réussi mais utilisé jusqu’à la moelle (ce sera toujours la même musique durant toute l’aventure) Pour le reste, les musiques accompagnent très bien les images.
BRUITAGES 80%
Rien à dire de négatif, ils sont complets (changement de bruitage de pas selon le type de sol, etc…) et soignés.
JOUABILITE 86%
Le jeu (texte et menus) est totalement en français ! Les menus sont très soignés et complets. Le jeu regorge d’options et même le plus perfectionniste des joueurs y trouvera son compte. Manier le personnage comme la caméra est un jeu d’enfant.
LEVEL DESIGN 75%
La carte est immense et variée, différents trésors sont disséminés un peu partout, le point négatif est que leur contenu ne justifie que très rarement la recherche. Certains endroits (secrets) dans la carte ne seront disponibles qu'après avoir obtenu le moyen de transport approprié. Les donjons demanderont de la réflexion (puzzle) et de l'orientation mais sont assez sommaires dans leur architecture et ne marquera pas vos esprits.
SCENARIO 70%
Un scénario enfantin mais intéressant grâce à une bonne narration et aux personnages attachants. Il est vrai que le mutisme du héro peut agacer mais ses compagnons parleront pour lui sans problème ! Si durant les premières heures, le scénario semblera sans surprise, les coups de théâtre qui se dérouleront par la suite sauront regagner votre attention…
DUREE DE VIE 90%
Des coffres cachés, des quêtes annexes assez intéressantes (en particulier l’arène des monstres), l’alchimarmite avec son lots d’objets rares à trouver/créer, l’intérêt de continuer le jeu après la fin grâce aux quêtes dragoviennes… Le jeu est fait pour être complété à 100% que ça soit pendant la partie en vous proposant une multitude de retour en arrière ou après la fin du scénario avec des challenges de haut niveau à relever. La durée de vie du jeu, couplée à la longueur de la quête principale est donc énorme ! Comptez une bonne centaine d’heures pour profiter du jeu au maximum.
INTERET 89% - EXCELLENT
Un des meilleurs RPG de la ludothèque PS2 : réalisation superbe, excellente durée de vie, personnages accrocheurs : toutes les qualités sont réunies pour satisfaire les accros du genre. Le manque d’originalité des combats et le scénario manichéen classique ne lui permettent pas de révolutionner le genre et d’atteindre la catégorie très prisée de “Chef-d’oeuvre”. Encore un excellent titre après Dark Chronicle du studio Level-5 décidemment très talentueux !
Avis du Testeur PLAISIR DE JOUER: 90%
On peut dire que j’ai pris mon pied pendant ma longue quête (128H) de ce jeu ! J’ai été ravi par sa profondeur, le carnet de monstres (+ de 250), les options en tout genre (nombre de victoires, de défaites, de Km parcourus etc…). Les combats sont par contre vite répétitifs et la panoplie d’actions disponibles tourne vite en rond… La difficulté du jeu –à part les quêtes dragoviennes- m’a laissé sur ma faim, la quête manque de challenge, de boss coriaces, dommage. Pour finir sur une note positive (parce qu’il le mérite) mention spéciale à la séquence de fin qui est d’une longueur proportionnelle au jeu (+ de 30 mn !). Une très bonne expérience.
--Message edité par Destructor le 2007-04-18 14:09:35--
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